2008.02.01
Compteurs électriques équipés
CPL
Les compteurs
électriques « communicants » d'EDF mis sur les rails
L'appel d'offres pour le remplacement des 35 millions de
compteurs électriques par une nouvelle génération de
boîtiers a pris fin. Ces modèles pourront recevoir et
envoyer des données par CPL.
Hélène Puel, 01net., le 31/01/2008 à 18h25
Le monde français de
l'électricité continue sa mue. Quelques mois après
l'ouverture du marché grand public, mercredi 30 janvier 2008
marquait la fin officielle de l'appel d'offres pour le
déploiement des compteurs électriques de nouvelle
génération. Ceux-ci, dits « communicants » ou « intelligents
», seront capables d'envoyer et de recevoir des données
(maintenance, relevé, pilotage, etc.)
Ils doivent, d'ici à 2015, remplacer les 35 millions de
boîtiers actuellement installés dans les foyers français.
C'est une nouvelle filiale d'EDF, Electricité réseau
distribution France (EDF), créée au début du mois de
janvier, qui est en charge de ce projet pharaonique au coût
estimé entre 4 et 5 milliards d'euros. Les industriels et
sociétés de services informatiques avaient jusqu'à hier pour
remettre leurs dossiers de candidature pour la phase pilote.
Le résultat de l'appel d'offres sera connu en juillet
prochain. Selon le quotidien Les Echos, quatre groupements
industriels seraient en lice, menés par IBM, LogicaCMG, Atos
Origin et CapGemini. La phase pilote consistera à déployer
en six mois 300 000 nouveaux compteurs à Lyon et à Tours en
2010. Après le retour d'expérience, la Commission de
régulation de l'énergie (CRE) « se prononcera sur le
renouvellement des 35 millions de compteurs présents sur le
territoire », indique ERDF.
Facturation réelle de la consommation
En pratique, les nouveaux boîtiers seront installés à
l'intérieur des domiciles et communiqueront avec la
compagnie d'électricité par les fils électriques (courant
porteur en ligne, ou CPL). Les opérateurs (EDF, Poweo, etc.)
pourront facturer les clients en fonction de leur
consommation réelle, et non plus d'après une estimation
réalisée à partir de leurs données historiques. Les factures
seront donc plus fiables.
« L'installation de compteurs intelligents permettra au
client de maîtriser sa consommation électrique. Et ainsi, de
faire diminuer la consommation globale d'électricité »,
ajoute un porte-parole d'ERDF. En effet, l'imposant cahier
des charges établi prévoit que les clients puissent accéder
au suivi de leur consommation. De cette manière, ils
pourront opter pour des formules tarifaires spécifiquement
adaptées à leurs dépenses réelles. Mieux même, quand ils
sont loin de chez eux ils pourront couper si besoin
l'électricité ou lancer tel ou tel appareil (machine à
laver, sèche-linge...) afin de profiter des heures creuses.
En France, depuis la dérégulation du marché de l'électricité
le 1 er juillet 2007, des concurrents d'EDF proposent déjà
ce type de services. C'est le cas de Poweo, qui permet à ses
clients équipés d'un compteur numérique de suivre leur
consommation en temps réel. Un boîtier mobile, la PoweoBox,
indique le taux d'utilisation des appareils électriques en
fonction de la puissance maximale de l'abonnement choisi. La
consommation est archivée dans la mémoire de l'appareil de
manière à détecter toute anomalie.
Moins de déplacements de techniciens
Chez ERDF, on ne sait pas encore si les abonnés
bénéficieront aussi de ce genre de boîtier mobile. « La
manière dont les abonnés auront accès à ces données n'est
pas encore arrêtée. Tout dépend des solutions proposées par
les industriels répondant à l'appel d'offres. »
Côté distributeurs, les compteurs « intelligents »
permettront de réaliser des économies de fonctionnement. Les
opérateurs pourront, par exemple, relever les compteurs sans
avoir à dépêcher d'agents sur le terrain. Le cahier des
charges stipule également qu'ils devront être capables de
détecter à distance des anomalies de consommation ou encore
d'effectuer des modifications de puissance, de clore un
contrat ou d'effectuer une remise en service.
D'autres pays, comme l'Italie, la Suède ou les Etats-Unis,
ont déjà commencé à déployer ce type de compteurs sur leur
territoire. D'après Enel, la compagnie nationale
d'électricité italienne, qui a déjà déployé près de 28
millions de compteurs de nouvelle génération, les économies
réalisées en un an seraient de l'ordre de 500 millions
d'euros. De fait, les 2 milliards de dollars qu'ont coûté le
remplacement des anciens boîtiers électriques serait amorti
avant la fin 2010.
Quel impact pour les consommateurs ?
En France, les économies que réaliseront les fournisseurs
d'électricité grâce aux compteurs communicants
bénéficieront-elles aux consommateurs ? C'est ce que se
demande l'UFC-Que-Choisir, montée au créneau sur le sujet il
y a quelques jours. Sur son site, l'association de défense
des consommateurs se demande si les gains de productivité se
répercuteront positivement sur les tarifs de l'électricité.
Ou si, à l'inverse, les particuliers seront mis à
contribution pour régler la facture des 4 ou 5 milliards
d'euros du projet. La CRE, qui doit approuver ce budget,
pourrait se prononcer pour une augmentation des tarifs
d'utilisation des réseaux publics d'électricité. Avec donc
une possible répercussion sur la facture des consommateurs.
Ma réponse:
Effectivement, une application
intelligente de la CPL.
Je dis ça parce que chez moi, c'est un opérateur (trice ces
temps-ci) qui vient relever le compteur avec un enregistreur
numérique. Mais il y entre les données à la main. Un système
sans fil automatique semble assez logique. Quoique... Car
l'opérateur en question en profite pour voir si le compteur
n'est pas "bricolé"...
Côté pollution radioélectrique, il faut noter que la
communication se fera entre une maison (evtl à plusieurs
appartements) et le transformateur le plus proche ou dans un
endroit centralisé si les appareils susceptibles de gêner la
propagation de la HF sur le réseau électrique sont shuntés
du point de vue HF. Bien que les interrogations des
compteurs ne se fasse pas chaque seconde je présume
(peut-être une fois par heure?), le nombre de compteurs à
scanner risque quand-même de provoquer pas mal de brouillage.
D'autant plus que, contrairement aux essais que j'ai fait
avec un système CPL in-house, confiné à l'intérieur d'une
maison car bloqué vers l'extérieur par l'impédance du
compteur électrique, les signaux devront aller beaucoup plus
loin. Ils devront donc émettre avec une puissance plus
élevée et rayonneront dans les rues, partout où les
conduites électrique passent, et même par l'éclairage
électrique qui fait "antenne", les mesures de Swisscom l'ont
prouvé dans la zone pilote de Broc (HB).
Avec la CPL "domestique", surtout avec les modems récents
tel le Dévolo high speed que j'ai testé, la pollution
radioélectrique est plus réduite qu'avec les premières
générations de CPL. Chez moi, la porté du brouillage est d'environ
10 mètres à l'extérieur de ma maison. Et les modems se
déconnectent automatiquement après 15 minutes sans trafic de
données, donc ne polluent plus du tout à ces moments-là.
Avec un tel système d'interrogation des compteurs, la
pollution principale se fera toujours à l'intérieur des
maisons puisqu'un modem CPL y sera installé près des
compteurs, mais surtout partout à l'extérieur. En zone
urbaine, où il y a une densité de maisons/d'appartements
importante, ça va être gratiné.
Et il y a des extensions qui seront sûrement proposées par
les fournisseurs d'électricité "CPL":
1. Une compteur par ménage afin que chaque famille puisse
contrôler elle-même sa consommation d'électricité (un voeu
des écolos, très logique et légitime d'ailleurs).
2. La distribution de l'eau a la même problématique. C'est
aussi un opérateur qui vient relever le compteur chez moi.
Donc rebelote, mesure à distance par CPL. Et si possible
aussi un par ménage.
3. Les systèmes d'alarme des maison pourraient aussi
bénéficier de ce canal de transmission.
4. Quoi encore ? L'imagination peut parler...
En conclusion, on peut admettre sans trop de peine qu'un tel
système CPL va considérablement accroître le niveau des
brouillages
radioélectrique. On en revient à l'époque où on pouvait
craindre l'introduction de la CPL pour alimenter les
immeubles en Internet, maintenant très largement abandonnée
puisque le "dernier kilomètre" du téléphone est libéralisé. |